Histoire d’un domaine des Hautes Côtes, Domaine Jean Féry et fils

Pierre Jacob et Marie Bonnardot

Le domaine Jean Féry et Fils puise ses origines dans le monde rural bourguignon du XIXème siècle : Nicolas JACOB (né en 1834) est le fils d’un sabotier du village de Bouilland. Il achète un mulet pour exploiter quelques terres afin « d’améliorer l’ordinaire » de la famille : un petit garçon est né, Etienne, qui deviendra plus tard vigneron puis chef d’exploitation viticole des Hospices de Dijon.

Son second fils, Pierre Jacob, sera, pendant plus de 30 ans, maire du village d’Echevronne : Au sens du travail et de l’effort de rigueur à l’époque dans les campagnes, s’ajoute le sens des responsabilités et du service aux autres : des notions toujours aujourd’hui bien ancrées dans la famille ! Pierre Jacob (1863-1946) et sa femme, Marie Bonnardot, travaillent leurs vignes et pratiquent la polyculture autant pour leurs besoins personnels que pour gagner modestement leur vie : c’est le mode de vie le plus répandu à cette époque dans le rude pays des Hautes Côtes.

De leur union naît en 1893 leur fils Louis.

Louis JACOB est le grand-père de Jean-Louis Féry, actuel exploitant du domaine Jean Féry et Fils. Cet homme entreprenant va se lancer dans la culture et le négoce des petits fruits ; framboises et cassis, principalement. Avec les bénéfices qu’il dégage, Louis JACOB achète des vignes, en particulier à Savigny-les-Beaune.

Louis Jacob

Louis Jacob a épousé Julia Girard qui meurt peu de temps après avoir donné naissance à la petite Marcelle en 1922. De son remariage en 1926, Louis aura un fils, Lucien. En 1940, Louis envoie sa fille à la station œnologique pour qu’elle se forme aux techniques de la vigne et du vin. A l’époque, Marcelle est la seule fille à y étudier !

Jean Féry

Dans le domaine de l’innovation, il n’hésitera pas non plus, dans les années 1959-60, à planter des vignes expérimentales avec le concours des services techniques de la profession : les fameuses vignes hautes qui depuis ont démontré leur intérêt dans les Hautes Côtes pour leur plus grande résistance au gel.

Marcelle Jacob se marie avec un ardennais Jean Féry et ils décideront de rester travailler sur l’exploitation familiale. A la mort de Louis Jacob en 1968, Jean Féry, Marcelle, et Lucien Jacob reprennent ensemble le domaine. Petit à petit, l’activité des petits fruits décline : Les trois associés vont donc développer l’activité viticole : ils vont planter des vignes sur les terres qui n’étaient pas encore exploitées et en acquérir de nouvelles.

Outre ses responsabilités professionnelles, Lucien Jacob s’est lancé dans une carrière politique de député et de maire. En 1980, les deux associés choisissent de se séparer.

Le domaine Jean Féry naît.

Jean Féry et Marcelle Jacob ont eu 4 enfants. Ils les ont tous poussés vers les études. Malgré l’éloignement, Jean-Louis, l’aîné, est toujours resté très attaché à l’exploitation familiale. Entre-temps, Jean Féry a pris sa retraite en 1988. Tout le monde est d’accord pour que Jean-Louis, prenne sa succession à la direction du Domaine.

Jean-Louis Féry va acheter un tracteur et une remorque. Puis construire un nouveau bâtiment avec cuverie et cave. Au total des travaux titanesques ! Avec l’aide d’un vigneron salarié, Jean-Louis va mener les premières vinifications. « Je n’y connaissais rien, ou presque ! Heureusement, 89 et 90 ont donné de très beaux millésimes, cela m’a aidé ! ».

A partir de 1994, Alain Meunier apportera son expérience, acquise sur son domaine, pour améliorer équipements et vinifications. Il s’occupera aussi du travail dans les vignes, l’orientant totalement vers la culture biologique (sans en revendiquer le label). Cela encouragera Jean-Louis Féry à investir dans de nouvelles parcelles. Le domaine prendra son étendue actuelle avec près de 10 hectares.

A partir des vendanges 2006, Pascal Marchand prend le relais d’Alain Meunier, avec la même philosophie, en apportant un nouveau souffle dans cette recherche de «toujours faire mieux».

Le Domaine s’est orienté passionnément dans cette voie de la qualité. Question de tempérament et de philosophie ! L’association de Jean-Louis Féry et Pascal Marchand n’aurait pu avoir lieu autrement. Deux hommes de conviction et de générosité !

Pour Jean-Louis Féry, cela reste le même émerveillement toujours renouvelé : « Cultiver du raisin pour en faire du vin : c’est le plus beau métier du monde ! »